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jeudi 6 février 2014

El Chalten, et le Fitz Roy

Fitz Roy

Vallée du Fitz Roy

Glacier proche Fitz Roy


Vendredi 31 Janvier 2014

Enfin un réveil sans réveil. C'est la lumière du jour qui nous tire progressivement de notre sommeil. On a même le temps de prendre une douche le matin et prendre notre petit déjeuner dans la tente. C'est pour vous dire ! Je finis de replier la tente pendant que le ibou file appeler sa maman. Celle ci lui fait la surprise de bien voilà lui offrir le collier rigide en argent que alizée voulait. Le problème est qu'elle lui dit ça 30 minutes avant le départ du bus. Branle bas de combat ! Les sacs sur le dos on court a l'angle du terminal, et qui c'est qui va aller courir chercher de l'argent et acheter le collier ? c'est bibi ! Me voilà donc en train de courir dans les rues sans savoir si j'aurais assez de temps pour l'acheter. 10 minutes plus tard, je tends le collier au Bibou dont les yeux brillent a la vue de son nouveau bijou. On monte les innombrables marchés qui mènent au terminal. On a les jambes coupées arrivé en haut. on capte toujours le wifi des informations touristiques depuis le bus alors le ibou en profite pour dire a sa maman qu'elle a bien son cadeau en main et qu'elle en est très fière.

3 heures plus tard, le bus fait un bref arrêt au bureau des gardes forestiers où on nous renseigne l'état des sentiers et les randonnées de deux jours a faire dans le coin. Une fois arrivé au terminal de bus, la première chose a faire et de retirer de l'argent. Il n'y a qu'un seul DAB dans la ville et nous constatons amèrement que celui ci est vide de billet. Il nous reste 50 euros en poche, nous sommes samedi soir, demain est dimanche, et on nous dit que la personne chargée de remplir le DAB habite a 100 kilomètres d'ici. On et pas vraiment dans la panade mais il va falloir réellement surveiller les dépenses et prier pour que lundi soir le distributeur de billets fonctionne.
Pour le moment nous voilà en train de marcher dans El Chalten a la recherche d'un camping. Le premier camping est tout prêt mais il semble un peu a l'arrache. On s'est mis d'accord maintenant pour ne payer qu'une seule personne dans les campings au lieu de deux. Une personne va voir comment et le camping. Voir surtout si il y a un système d'étiquette ou de panneau. Si il n'y a rien, on ne paye que pour une personne, je monte la tente, et alizée arrive plus tard. Cela marchera d'ailleurs très bien pour le deuxième camping. On est d'ailleurs très content que cela marche vu nos finances restreintes. J'ai monté notre tente a côté de deux français qui m'expliquent qu'ils ont tenté, en vain, l'ascension du Fitz Roy. J'hallucine complètement. Le mec doit avoir 60 ans, l'autre 35. J'ai devant moi deux dingues d'alpinisme. Cela me laisse rêver qu'un jour moi aussi je m'y tenterai. On fait quand même attention a ne pas être trop ensemble dans le camping. Un groupe de français se forme a notre table lors du diner. On sympathise et on rigole beaucoup avec eux jusqu'à l'extinction des feux de 22h30. Un peu frustré de se faire chasser de l'espace commun comme ça, tout le monde file se cocher dans sa tente. On galère un peu a préparer les sacs pour la randonnée de deux jours qui nous attends car le gardiennage de bagages dans le campings est payant. Je me mets donc en mode Tetris pour que tout l'inutile terre dans mon sac. On prendra le sac d'alizée car moi ils ont déjà vu le mien tout a l'heure et ne savent pas qu'alizée est avec moi. Le sac est plein a craquer. Il pèse au moins 35 kilos et j'ai limite peur que les bretelles craquent si je le soulève.

Samedi 1 Février 2014,

On avait mis le réveil a 7h30, pensant partir a 9h. Je porte le sac tant bien que mal et quand je soulève celui ci devant l'équipe de l'accueil, je vois leur yeux s'ouvrir bien grand se demandant comment je pouvais bien voyager avec un sac aussi lourd. Alizée qui était partis prendre sa douche revient a la tente et me dit qu'il t a une compétition d'escalade, ou plutôt de bloc, aujourd'hui a 11h. Ça me tente bien d'y aller et elle s'en est douté. Je pars essayer de trouver le spot de la compétition mais je revient bredouille. on arrive tout de même a le trouver mais a 11h30 rien est commencé et la slackline promise par l'affiche n'est pas installé. Alizée est verte de s'être levé si tôt pour rien et marche d'un air grognon. Elle n'avait déjà pas forcément envie de se retaper un trek de plus alors là elle n'en a plus du tout envie mais avance quand même. La balade est néanmoins vraiment sympa. On rencontre même les filles qui campaient a côté de nous a Ushuaïa. Elle ont fait le tour qu'on veut faire en trois jours, quand nous espérons le faire en deux jours. Elles n'ont pas vu le Fitz Roy qui était dans les nuages. Cette fois ci on les quitte vraiment puisqu'elles vont faire le trekking de Torres del Paine. On leurs donne d'ailleurs de précieux conseils pour ne pas tout payer la bas. De précieux conseils qu'on aurait aimer avoir sans qu'on se force a glaner des informations. La balade se poursuit dans la forêt avec une superbe vue sur une très vaste vallée en contrebas où serpente les méandres des cours d'eaux. Il y a même ces glaciers tout au fond de la vallée juchés sur les cimes qui restent éblouissant sous ce soleil de plombs. Heureusement que la Patagonie est toujours ventée car il ferait parfois vraiment très chaud. Qu'il est bon de s'arrêter manger dans la forêt. Assis sur une pierre, un rayon de soleil qui te chauffe le visage. La ballade est assez longue finalement. Ou plutôt, ce sont nos jambes qui la trouvent longues. Celles ci commencent a ne plus en pouvoir. C'est vrai que la Patagonie et la Terre de Feu les a mis a rude épreuve ces temps ci. On atteint rapidement la laguna Capri après 1 heures de monté. Une belle lagune au bord de laquelle on peut camper. Mais ce campement n'est pas le notre. On veut pousser plus loin pour ne pas a avoir a faire plus demain. Et puis c'est beaucoup mieux de dormir au pied du fameux Fitz Roy. C'est justement au détour d'un bosquet que celui ci se révèle. Il est là sous nos yeux. Fièrement dressé, son aiguille pointe vers le soleil. Il est d'ailleurs bien entouré de beaucoup d'autres pics plus petits. Un énorme glaciers recouvre toute sa base. Et vu comme les parois du Fitz Roy sont escarpées. On commence a comprendre pourquoi il est le deuxième sommet le plus difficile a escalader au monde. Je pense d'ailleurs que les deux zigotos qui m'avaient dis au camping qu'ils s'y étaient repris a quatre fois pour atteindre le sommet, sont complètement cinglés. J'avoue tout de même que j'aime les idées de ces cinglés. Un jour moi aussi je serai un alpiniste ! On continue de marcher en direction du glacier. Ces pics qui sont de plus en plus magiques au fur et a mesure qu'on s'en rapproche le sont d'autant plus a partir du moment ou l'on débouche sur une vaste étendue de basse végétation. On aperçoit d'ailleurs dans le fond d'une vallée lointaine la couleur bleu azur du front de taille d'un glacier. Après une succession de petit pont qui nous font traverser une multitude de cours d'eau, on se rend compte qu'il y a comme des sortes de petites baies sableuses a certains endroits. Il n'y a pourtant pas de lacs ici mais il y a sûrement du en avoir un gigantesque ici il y a plusieurs milliers d'année. Je continue d'ailleurs d'enseigner a mon Bibou la géomorphologie glaciaire. Enseigner c'est savoir rabâcher, et a force de rabâchage sur le multiple exemple, le ibou me décrit lui même les paysages glaciaires et leurs composants toute seule. Le campamento Poincenot est ideal. Alizée commence a avoir l'œil pour repérer les bon endroits ou on ne risque rien. On installe rapidement la tente. On laisse le gros sac dedans et ne prenons que le nécessaire pour la suite. Une pancarte annonce que la suite est physique et qu'il et nécessaire d'avoir une bonne condition physique. Plus rien ne nous fait peur maintenant, nos jambes nous emmèneraient aujourd'hui jusqu'en haut de l'Himalaya s'il le fallait. Ça monte, ça n'arrête pas de monter. 1h20 qu'ils disent depuis le campement. On commence a en douter. Et puis il y a tous ceux qui redescendent qui n'arrête pas de t'encourager avec des "Valle la peina ! Valle la peina !". On en revient pas qu'ils nous disent tous ça. Le paysage doit vraiment être a couper le souffle. Il y a aussi ces chinois qui nous font rire a nous saluer a grand coup de "Aligato ! Aligato !". Alors nous aussi on leur dit "Aligato !". Dès qu'on rencontre une personne qui a les yeux bridés on chante en cœur "Aligato ! Aligato !". Le problème c'est que parfois, les bridés sont plutôt du genre "Conichiwhua !" (Pardonnez l'écriture ) et là on se sent un peu bête. A force de marcher ensemble, on a notre rythme de croisière pour la monté. Je donne le rythme dans les grandes montés. On voit la fin du sentier. Le problème est qu'après la fin, il y a une autre fin un peu plus loin. Seconde monté, nous y voilà. Un lac bleu translucide nous attendait. Une retenue naturelle d'eau de glacier. Le soleil va bientôt se poser sur la pointe du Fitz Roy. On arrive juste a temps pour voir la fin de ce spectacle qui effectivement nous laisse sans voix. Nous sommes dans un immense cirque glaciaire a la base de cette immense aiguilles qui est le Fitz Roy. La difficulté de son ascension se comprend encore mieux ici. Avant de parvenir en haut de ce donjon en l'escaladant, il faut d'abord franchir la muraille de glace qui l'entoure. Deux soldats alpinistes se sont d'ailleurs lancé a son assaut. On les regarde monter, crampons au pieds, le long de la parois du glacier. On descend de la moraine sur laquelle on se trouve pour accéder de plus prêt au lac en contrebas. C'est en passant par la gauche qu'on découvre un autre lac frontal glaciaire. L'exemple école de lac glaciaire. Le glacier en contrehaut est tout aussi impressionnant avec ses grands escaliers de glaces déchiquetées. Le soleil va bientôt passer derrière le Fitz Roy, il va faire froid et on a une sacré descent qui nous attend. On quitte l'endroit un sourire au lèvre en se disant comme on nous l'avait dis "Valle la peina !". On ne manque d'ailleurs pas de le dire a ceux qui montent encore. Alizée a pris la tête de la course. Surpris je la vois qui dévale les sentiers rocailleux a toute vitesse. Elle a enfin compris comment descendre. Elle cours, et glisse sans tomber. Génial, elle est fin prête pour de plus gros trekking maintenant. 30 minutes de descente plus tard, on est heureux que la journée soir finit. Préparation de la popote du soir et de demain midi, petit coup d'œil au Fitz Roy qui se dresse au dessus de nous devant un ciel aux nuages roses orangés. On sait qu'on a eu une chance époustouflante de voir cet endroit avec un aussi beau temps. Chose rare dans le coin.

Dimanche 2 Février 2014,

8h30, c'est en pliant la tente qu'on voir déjà des randonneurs redescendre du Fitz Roy. Tout ce groupe de chinois doit être bien déçu d'être monté si tôt car le Fitz Roy a encore la tête bien embrumé ce matin. J'ai même entendu des gens partir randonner vers 3 heures cette nuit. Il fait un peu moins beau qu'hier mais tant mieux car il fait aussi moins chaud pour marcher. La randonnée d'aujourd'hui n'est pas aussi belle qu'hier mais tout aussi intéressante. On prend le temps de faire des photos d'amoureux au bord d'un lac, dans un prairie d'herbes hautes, ou bien même, d'imiter les piverts accroché a un arbre percé de toute part par leur soins. On commence a en avoir marre de marcher. Alizée commence d'ailleurs a me demander un ordre de temps et ça ce n'est pas bon. Savoir combien de temps il reste voilà se qui l'a fait avancer. Je lui dis 5 minutes. Un anglais nous affirme qu'il reste 20 minutes. Alizée se décompose. J'avais espéré qu'elle n'est pas compris mais a voir sa tête j'ai vite vu qu'elle avait entendu. Finalement a seulement 10 minutes de la ou nous étions, on mange et on laisse le gros sacs sous une bache au campamento Agostini avant de poursuivre. La laguna Torre est a a peine 5 minutes de marche. Celle ci est moins impressionnante que la laguna de los tres d'hier mais la particularité de celle ci est qu'il y a de petits icebergs qui flottent et dérivent jusqu'à nous dans le lac. On poursuit un peu plus loin, mais le glacier et trop embrumé pour que cela soit nécessaire de continuer a marcher plus loin sur la crête de la moraine frontale. Il y a d'ailleurs tellement de vent que je peux me pencher légèrement vers l'avant sans tomber. Il y a ce type qui vient nous parler alors qu'on est tranquillement assis a regarder le glacier. Il nous étale tous ces voyages dans le monde. On ne lui avait rien demandé en on sent qu'il nous prend pour des petits voyageurs. C'est quand on lui dit sinon est en vadrouille pour 6 mois qu'il réalise qu'il nous avait peut être pris un peu trop de haut. Il faut toujours qu'il y en ait qui ait toujours voyager plus que d'autre. A croire qu'entre certains voyageurs c'est parfois une compétition. On est pas des israéliens non plus ! On regarde une dernière fois le glacier et ses icebergs puis on repart. On sait que ce glacier était le dernier que l'on verra de ce long voyage. Les glaciers, les icebergs, et le froid de la Patagonie, demain ce serra fini. Nous allons prendre notre envol vers les zones plus chaudes du nord. On nous a promis 40 degrés a Buenos Aires. Vivement que l'on regrette les basses températures patagoniennes.
Il est a peine 15 heures et il est inscrit qu'il faut 3 heures pour retourner a El Chalten. On en a plein les pattes mais en même temps il est trop tôt pour commencer a camper. Le retour fut réellement long. Même avec un bon rythme, il nous aura fallu 4 heures. Sur le chemin on a croisé ces mecs qui ont des sacs plein de corde avec les crampons d'un côté et les piolets de l'autre. Le genre de gars qui me font rêver. Moi aussi je veux être un dingue d'alpinisme, les cascades de glaces tout ça quoi... Mais y a pas vraiment tout ça a Saintes. Cela restera encore un rêve lointain pour quelque temps. Après d'interminable petites montés derrière lesquelles El Chalten n'apparaissait jamais on finit par gravir LA monté. La dernière qui marque la fin de notre "dernière randonnée". Bon bien évidement c'est jamais la dernière, mais on aime a dire qu'après celle ci c'est finit. Une fois parvenu au camping, le ibou est vraiment rincée de toute ces heures de marche. Je monte la tente et l'affaire a refaire mon sac de randonnée qu'on avait laissé au gardiennage du camping. Alizée qui pensait se reposer après sa douche est ravit de voir toutes ses affaires en tas. Elle doit refaire son sac alors qu'elle aurait préféré le faire demain. On a pas vraiment le temps de se reposer sur nos laurier car il reste un problème a résoudre, l'argent. On est toujours presque a sec et on croise les doigts pour que le seul distributeur de billet delà ville est été renfloué. Je file seul au terminal de bus retirer de l'argent. A peine arrivé que j'aperçois une file d'attente devant le DAB. Il y a envions 20 personnes devant moi et la file ne fait qu'augmenter. De nombreuses personnes étaient dans notre cas depuis samedi et attendaient impatiemment que le DAB soit rechargé en billet. 1 heure d'attente plus tard, c'est mon tour. Je retire le maximum avec la carte d'alizée, mais aussi avec ma carte puisqu'on doit payer une grosse somme pour les billets de bus. Enfin assis en train de ranger les billets dans la sacoche, que je vois le ibou arriver paniqué. 1h30 que je suis parti, je me disais bien qu'elle aller s'inquiéter et que je la retrouverai ici. Tant mieux car avec toute cette histoire je n'ai toujours pas eu le temps de regarder comment partir d'ici. On fait tous les stands de bus a la recherche de la meilleurs occasion pour partir d'ici au moins cher et au plus vite. la question est : va t-on a Bariloche ? Ou a la péninsulaire Valdez ? Le bus pour Bariloche dure 2 jours et part dans 2 jours. Pensant que c'est une sacré perte de temps, on optera pour 3 bus indépendant dont on espère que les correspondances soient bonnes pour se rendre a la Peninsula Valdez et qu'on ne se retrouvera pas bloqué a mi chemin dans une ville paumée. On prend direct le billet pour demain. Une fois de plus on et heureux de partir bien tôt. Il faudra être a 8 heures du matin demain au terminal. Ça n'en finit pas ! Il est 21h on doit encore faire les courses et préparer 3 repas. La soirée fut vraiment longue avant d'aller nous mettre dans nos duvets.

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