| Route désertique vers la Valle de la Luna |
| Désert bordant la Valle de la luna (qui est une couche de sel) |
| Retour de nuit dans le désert de San Pedro de Atacama |
Vendredi 27 décembre 2013,
Le réveil de l'Iphone nous tire brutalement de ce sommeil si court. On s'habille rapido et on marche a tout allure dans les rues désertes du petit village d'Uyuni. On ne traine pas dans la ville après que Philippe, notre guide pour le salar, nous ait dis que la ville était soumise a un trafique de narcotiques et que les rues n'étaient pas sûres la nuit. Un idiot enfourne nos sacs violemment dans le bus et on grimpe a l'intérieur. Adieux la Bolivie, Chili nous voilà ! Il y a un français derrière nous avec qui on parle une petite heure. Lui file direct a Santiago pour le nouvel an et voyage vraiment très vite. Il a fait la Bolivie en cinq jours quand nous, nous l'avons fait en trente.
7h30 du matin, nous voilà au beau milieu du désert dans une file d'attente plantée entre le poste frontière bolivien et la ligne de chemin de fer. Premier tampon, nous voilà sortis de la Bolivie. On est alors dans cette zone où l'on est dans aucun pays. Deuxième tampon, nous voilà au Chili, Enfin ! Le garde frontière nous lâche une phrase, l'accent est horrible. Je suis déjà frustré de ne rien comprendre, mais alors là c'est l'pompon.
14h, on se retrouve dans le terminal de Calama, notre première escale au Chili. Le problème est qu'on a pas un sous et on ne peut pas se payer le prochain bus pour San Pedro de Atacama. Le prochain est dans 30 minutes. Je cours dans les rues en demandant a tout va où sont les DAB. "Par là,par là !" qu'on me dit, mais rien. Je cours toujours, en voilà une. Fermée ! Une deuxième, fermée ! A la troisième, le garde me dirai au Chili les banques ferment après 14 heures. Là ça devient problématique. Je finis par trouver un bureau de change où le taux de change est vraiment merdique, mais bon c'est mieux que rien, alors je change le reste de boliviannos en Pesos chilien. Me voilà avec des nouveaux billets aux couleurs très flashes. On dirait presque des billets de monopoli. Retour en courant, on paye et on monte dans le bus. Alizée est un peu déçu du taux de change mais on y peut rien dans une telle situation. On a juste assez pour prendre ce bus, mais pas assez pour ce payer un hôtel ici. On croise les doigts pour qu'il y est des DAB d'ouverts a San Pedro de Atacama, ou sinon on devra dormir dans un terminal une nouvelle fois en attendant de pouvoir tirer de l'argent le lendemain.
Le désert s'allonge une nouvelle fois a perte de vue devant nos yeux à travers les fenêtres du bus. C'est l'endroit le plus sec que je n'ai jamais vu. Il y a aussi toutes ces couches sédimentaires qui s'affolent dans le paysage et qui m'invitent a rester éveillé. La lecture du lonely me renseigne une information tout a fait intéressante "le seul DAB de San Pedro de Atacama est régulièrement en panne, prévoyez de l'argent". Ce qui est effectivement pas notre cas. On verra bien. C'est ça l'aventure après tout.
Sac au dos, on marche dans ce petit bled dit touristique. Les rues sont désertes et les murs en briques d'adobes donne plus a ce village une allure de bled paumé de paysans que d'une super zone touristique. On finit par trouver le petit centre où effectivement une foule de touriste se masse et circule. Beaucoup de chiliens ont la tête d'européen en beaucoup plus bronzé. Et comme tous les touristes sont bronzés on se demande qui est touriste et qui ne l'est pas. En attendant, avec nos gros sacs, nous on a l'air de deux vrais touristes. Premier DAB, premier pesos ! Sauvé. Nous voilà avec 200 000 pesos chilien. On range vite nos billets de monopoli dans la sacoche et on part tâter les prix des hôtels chiliens. On sait que ça va être cher mais a ce point on aurait pas pensé. 20 euros la chambre matrimoniale. On déchante complètement. Le Chili aura notre peau bien vite a pomper comme ça dans notre porte monnaie. On Check même un camping ou plutôt une sorte de terrain vague a l'ambiance bizarre où se masse des tentes. Cela revient moins cher dans un des petits hôtels qu'on a repéré mais où on ne pourra rester qu'une seule nuit. On file dans les rues chercher une tour pour demain. Le prix de ceux ci sont exorbitants. Finis les pays a bas prix, on est presque en train de voyager en Europe ici. On book quand même un tour pour découvrir les étoiles demain soir a l'aide de télescope, un des meilleurs opérateurs selon le guide. Il y a la valle de la luna a voir, le tour est trop cher et on se met d'accord pour y aller en vélo demain. L'office du tourisme nous renseigne qu'il y a 30 kilomètres aller - retour en plein désert a faire mais que c'est facile. Alizée fait une petite grimace mais elle est vaillante, j'en aurais la preuve le lendemain.
Petite plat préparé par Alizée le soir en compagnie d'une famille de brésilien qui ont traversé la jungle en bagnole depuis le Venezuela et même les étendues du salar de Uyuni avec une toute petite voiture. Ils se sont même perdu dans le salar car leur boussole avait perdu le nord, probablement a cause de tout le lithium contenu dans le sel qui dérègle tout appareil de ce genre.
Samedi 28 décembre 2013,
Voilà que je peux me refaire mon fameux petit déjeuner aux fruits. C'est que j'y tiens a mes fétu le matin moi. Il faut dire que ça aide a faire certaine chose ! Il y a une boucherie a côté de l'hôtel se j'avais vu la veille. J'emmène le ibou voir cette caverne d'Alibaba. Notre première boucherie, depuis deux mois et demi, où la viande est maintenue au frais et pas pendue avec un cortège de mouche. Alizée a l'eau a la bouche, moi deux fois plus. On en a trop au final. Ça nous fera deux repas. Une fois cuisinée elle est exquise. Enfin de la bonne viande. On a l'impression de revivre !
Glandouillage jusqu'à 3 heures, location de vélo, puis nous voilà parti vers 4 heures de l'après midi pour une balade en vélo. Une très longue balade en vélo ! Il y a un soleil de plombs mais il y a un peu de vent, parfait. Les paysages sont comme a la télé, secs et immenses, mais magnifiques. On voit au loin cette montagne en forme de cône parfait. Vu le petit cratère en haut, ce doit être ça le fameux volcan sont l'ascension est vantée dans toute la ville par les opérateurs. Le vent se fait plus insistant et Alizée commence a en avoir marre. Elle râle une fois,deux fois, je lui dis de faire comme ci de faire comme ça, elle pose son vélo et me dit qu'elle fait demi tour. Elle n'est pas sur le bon pinion et je la vois peiner a pousser durement sur ses pédales. La balade tourne au calvaire. Le vent qui vient de face nous ralenti et soulève la poussière du désert. On est en faux plat et on pédale aussi vite que si on avançait a pied. Le ibou est en pleure, mais le ibou est têtu. Je sais pertinemment que ses cuisses en feux et ses fesses qu'elle me dit endolories, lui disent de rentrer. Mais son orgueil lui dit l'inverse. Elle râle, pleure, pédale contre le vent. Moi je suis devant et je souri de ce bibou entêté qui me rend fier mais qui me suit dans toute mes galères. C'est un BTT comme je lui dis souvent (mais pas en ce moment car elle continue de pédaler et fait sa grimace. Il ne faut donc pas l'embêter ni lui parler, elle va le faire). Le BTT, c'est comme un VTT. C'est un "Bibou Tout Terrain". Il devrait en vendre a decathlon des BTT tiens ! Il y aurait plus d'un mec qui en achèterait un.
On arrive a une petite baraque désaffectée. L'entrée de la vallée est juste là. On accroche les vélos sur une grille et Alizée me dit "le vélo, c'est fini !".
Alizée est bien mieu et plus souriante que ses deux pieds que que une selle de vélo. On entre a pied dans une sorte de petit canyon très étroit. A force de regarder la roche et de ne pas reconnaître sa nature, je finis par m'apercevoir que c'est tout simplement... Du sel. On est dans un canyon de sel. Incroyable ! On en parle souvent en géologie mais alors là, d'être DANS une couche de sel, s'était jusqu'alors inimaginable. Il y a près de vingt mètres de sel d'épaisseurs. On marche et on fait même de la spéléologie dans une couche de sel, un paléo salar. Je suis complètement sur le cul. Alizée trouve cela jolie et se remet doucement de ses émotions. On se tortille dans tout les sens dans ce boyaux de sel qui n'en fini pas. On débouche par la où on est rentré et on part dans le grand canyon. Toujours en sel aussi celui là. On débouche de l'autre côté sur une d'une de sable qu'on peine a gravir pour rejoindre la route. Le soleil est déjà très bas mais on file chercher a pied les vélos et on commence a remonter la route sur la dune en quête d'un énième coucher de soleil. Mais en vain, Alizée en a vraiment mare, le soleil décline sérieusement et on décide de repartir car le point du qu'on voit au loin est encore a 15 minutes de route. Repartir a San Pedro de nuit ne sera pas drôle alors on repart tant qu'il fait encore un peu jour. La route est sableuse, Je dis au bibou très énervé de rouler sur les zones dures au risque de tomber en avant dans la descente, quand justement sa roue avant s'enlise et le ibou nous fait un saute mouton par dessus le guidon pour atterrir sur ses pieds. Pas un mot, elle remonte sur son vélo. On se retrouve dans le désert, je suis derrière elle prendre des photos, quand je la vois se retourner pour voir ou je suis. Vulgaire erreur. Elle rentre dans la berne et par miracle me refait son fameux saute Mouton de survie. Pas un mot, on continue. On s'arrête quand même regarder le désert qui s'est maintenant teinté de couleurs roses orangées. Par chance, maintenant ça descend et le vend nous pousse pour le retour. On met quand même les lampes frontales allumées sur nos têtes pour être vus. Les 8 derniers kilomètres se feront de nuit. On a réussi a rendre les vélos a l'heure.
Il est 21h30. On est épuisé mais la journée n'est pas finie. A minuit on doit aller voir les étoiles. Nous qui rêvions de nous coucher. On mange, on manque de s'endormir, et on part se mettre la tête dans les étoiles. La visite de deux heures avec un astronome français est passionnantes. On apprend a reconnaître les étoiles, et dans d'énormes télescopes on observe émerveillé comme des enfants toutes sortes de nébuleuses ainsi que Jupiter et ses deux satellites, et l'étoile Sirius. Il est 3:30am, la journée a été longue.
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