Mardi 17 décembre 2013 (suite),
On file chercher les sacs a l'hôtel et on va prendre notre bus au terminal pour aller a Potosi.
En chemin, je ne fais plus que regarder les paysages et les affleurements de bord de route qui me rendent fou. La géologie ici a pété les plombs. Les couches sont complètement plissées dans tout les sens. Encore une fois je n'avait jamais vu ça. Ça va du microplis et l'énorme plis. C'est génial a voir, alizée trouve plus d'intérêt a regarder un film sur la tablette, je la comprends ! Il faut être fou pour s'extasier d'un cailloux.
5 heures plus tard, on arrive dans la cité minière de Potosi. Rebelotte, tout et sale et les maison en parpaing rouge ne sont, encore une fois, pas finit. Il est 17h et il faut qu'on book un tour pour demain. Le premier hôtel n'a pas le wifi. Je promet a alizée d'en trouver un avec. On marche jusqu'à la place et on trouve l'agence avec laquelle mes parents ont fait la visite de la mine. Ils n'ont pas l'air sérieux et propose un prix de 8 euros la visite en français. On va voir une agence réputée pour avoir des guides qui sont d'ancien mineur. Le tour semble génial mais le prix est double. La raison vient du fait que les autres agences n'emmènent les touristes dans la mine à touriste. Eux nous font traverser la montagne sur deux kilomètres par toutes sortes de galeries, on visite les fonderies, et on voit des mineurs en plein travail. Info ou intox ?! Le mec nous explique a toute vitesse en anglais pendant près de 30 minutes. Alizée n'écouterai même plus, je sais que ce genre de mec la saoule. On se tente le tour quand même. L'hôtel indiqué par l'agence est niquel. On file manger dans un petit restaurant d'étudiant ou on mettra 1h a nous servir deux plat de pâte. L'attente fut horrible dans le froid du restaurant sans chauffage. La chaleur tropicale de Rurrenabaque est bien loin. Potosi est a 4000 mètres d'altitude, le froid participe a la magie du lieu, tout comme le manque de souffle.
Mercredi 18 décembre 2013,
Rendez vous a 8h45 devant l'agence. On fait le Check out de la chambre. Petit déjeuner englouti ( on a même du l'air chaud et avec notre pot de chocolat en poudre, on se fait un chocolat chaud, quel bonheur le matin !) on file dans un endroit prendre deux saltenas puis on court jusqu'a l'agence. Ces petits chaussons fourrés à la viande et aux légumes sont les meilleurs de potosi et de Bolivie dit on, et sont la spécialité, matinale uniquement, de Bolivie.
On est 9 pour la visite de la mine. On file tous acheter des présents pour les mineurs comme la coutume (touristique) le veut. On a le choix: feuille de coca et catalyseur, alcool a 96 degrés, cigarette, jus et... Bâton de dynamite avec fil et détonateur (deux euros le stick de dynamite, c'est effarant). Feuille de coca et catalyseur en poche on file ailleurs pour enfiler nos tenues de mineurs. Veste et pantalon trop large, casque de vrai mineur, et bottes constituent notre armure.
Visite de la fonderie ou on voit tout le processus de séparation des métaux de la roche. Il y a des bloc de pyrite partout alors j'en prend un petit bout en cachette pour le souvenir.
On est enfin devant une sorte de grille. C'est l'une des 180 entrés de la mine. Tout est défoncé partout, il y a de la boue partout et des petits wagons posés ça et là. On imaginait pas ça comme ça. "Vamos" qui le guide ! Tout le monde entre et on s'enfonce parfois dans la boue entre les rails de la galerie. On met nos foulards mais ça devient irrespirable. Tant pis pour la poussière et toute les substances nocives et volatiles qui traînent. C'est dingue on marche des centaine de mètre a le dos courbés dans des galeries où seul des poutres en bois posées grossièrement empêchent un probable éboulement. Ça devient très poussiéreux par endroit et c'est un vrai labyrinthe. On voit des veines minérales un peu partout et énormément de pyrite partout sur les parois. J'en reprendrais un bout plus gros cette fois avec des gros cristaux dorés comme on peut en voir dans les collections minérales de la fac. Il y'a même des stalactites vertes foncées dont la couleur provient des sulfures.
On doit monter sur près de 20 mètres de haut dans une galerie verticale d'un mètre de diamètre par trois échelle en bois successives qui glissent. Personnellement c'est pas rassurant, surtout le passage d'une échelle a l'autre sur une poutre en bois. Une petite salle se dégage. Au fond se tient une statue d'un démon bandant rouge grandeur nature qui tient fièrement son membre inférieur pointé vers nous. Tio est le dieux de la mine a qui on fait des offrandes pour ça protection. On écoute le guide parler de l'histoire de la mine et de la condition des mineurs qui ne s'améliore que très lentement depuis le déclin de la mine. On boit aussi l'alcool des mineurs. Une sorte de détergent tord boyaux a 96 degrés. Ça n'a aucun goût et tout le monde le sens passer. On continuera notre progression sur les deux kilomètres de galerie jusqu'à la lumière du jours. On sortira par une autre entré. On a traversé la montagne de part en part. Dingue ! En chemin on a pu poser quelque question a ces mineurs qui ont la joue gonflée de feuille de coca. Certains ont 55 ans et passe 11h par jours sous terre a casser du cailloux, a les mettre dans un wagon qu'ils poussent jusqu'à l'extérieur. La vie d'un mineur n'est pas folichonne, et dire qu'on se plaint d'être assis 7 heures par jours devant un ordinateur chez nous. Cette visite est vraiment un choc pour moi. Je verrai sûrement mon futur travail d'un autre œil en rentrant en France.
On déjeune et par chance on peut visiter la casa de la moneda en français. On découvre comment on était frappé toutes les pièces qui ont circulé depuis 400 ans et fondu grâce a l'argent extrait des mines de Potosi.
On part le soir pour Tarija. Arrivé au terminal tout le monde court pour avoir une place dans une des agences desservant Tarija. Alors on se bat, on court, on cherche, mais en vain. On arrive 3 heures en avance et on a pas de place dans aucun bus. Dépités ! On finira quand même a force de bon vouloir par trouver un bus spécialement affrété. Ouf !
Alizée part au toilette. Le temps passe, et repasse, je m'inquiète. Je regarde dans tout le terminal, elle n'est pas la. Je pars a sa recherche et je la retrouve tout sourire, et me dit en rigolant "Bah alors tu t'es inquiété". La nuit dans le bus fut presque bonne car seulement quelques bébés auront poussé la chansonnette de leurs cries des plus stridents.
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